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Loi fiscale annuelle de 2026 : réforme prévue du régime de l'intégration fiscale en matière de TVA, avec des implications pratiques considérables

Conseil fiscal

Avec le projet de loi sur la fiscalité annuelle 2026, le ministère fédéral des Finances a présenté une proposition législative de grande envergure qui revêt une importance considérable, en particulier pour les groupes d'entreprises et les structures de groupement fiscal existantes. Cette proposition porte principalement sur une réorientation fondamentale du groupement fiscal en matière de TVA. Elle trouve notamment son origine dans les exigences de la Cour de justice de l'Union européenne ainsi que dans la jurisprudence constante de la Cour fédérale des finances.

Les modifications prévues vont bien au-delà de simples ajustements techniques. Les entreprises dotées de structures de holding, de sociétés liées ou de structures de groupe complexes devraient se pencher dès à présent sur les nouvelles réglementations prévues. Le projet de loi laisse d'ores et déjà entendre que les modèles de groupement fiscal existants devront en partie être réévalués à l'avenir et que des adaptations supplémentaires pourraient s'avérer nécessaires.

Aperçu du contenu du projet de loi

Le projet de loi contient un grand nombre de mesures fiscales spécifiques. Outre des modifications concernant les intérêts sur les créances fiscales et diverses simplifications procédurales, l'accent est mis en particulier sur la réforme du régime de l'intégration fiscale en matière de TVA.

Le législateur poursuit ainsi l'objectif d'aligner davantage les réglementations allemandes existantes sur le droit européen de la TVA tout en réduisant les incertitudes juridiques actuelles. Ce projet s'inscrit notamment dans le contexte des critiques formulées au niveau de l'Union européenne à l'égard de la conception allemande actuelle du groupe fiscal, dans laquelle la société mère est jusqu'à présent considérée comme l'unique entrepreneur et où l'ensemble du chiffre d'affaires des sociétés du groupe lui est imputé.

Par ailleurs, le projet prévoit d'autres adaptations, notamment dans le domaine des procédures d'exonération de la retenue à la source, du traitement fiscal des biens immobiliers ainsi que des processus numériques et procéduraux. C'est toutefois la nouvelle réglementation prévue du groupe fiscal qui devrait avoir la plus grande portée économique.

Principaux éléments du projet de loi

La réforme prévue du régime de l'intégration fiscale en matière de TVA vise à réorienter systématiquement le modèle allemand actuel. À l'avenir, l'intégration fiscale devra être davantage considérée comme un groupe de TVA autonome. Le législateur réagit ainsi à la jurisprudence actuelle de la Cour de justice de l'Union européenne et aux adaptations qui en découlent dans le droit national.

La pratique actuelle repose essentiellement sur les critères d'intégration financière, économique et organisationnelle d'une société dans la société mère. C'est précisément l'intégration organisationnelle qui a régulièrement fait l'objet, par le passé, de discussions fiscales approfondies et de procédures judiciaires. Le projet de loi vise désormais à clarifier les conditions et les conséquences juridiques du groupe fiscal et à les rendre conformes au droit de l'Union européenne.

Dans le même temps, il apparaît clairement que les structures organisationnelles effectives au sein des groupes d’entreprises continueront de jouer un rôle central. À l’avenir, les entreprises devront documenter encore plus précisément la manière dont les pouvoirs de décision, les droits de donner des instructions et les structures de direction sont effectivement organisés. Cela devrait entraîner une charge accrue en matière de contrôle et de documentation, en particulier pour les sociétés holding, les organisations matricielles ou les groupes d’entreprises gérés de manière décentralisée.

En outre, des changements pourraient intervenir en matière d’imputation des chiffres d’affaires aux fins de la TVA, d’obligations déclaratives ainsi que de questions de responsabilité au sein du groupe d’entreprises. Les relations de prestations internes existantes pourraient également faire l’objet d’une appréciation fiscale différente à l’avenir.

Pertinence pratique pour les entreprises et les groupes d'entreprises

Les nouvelles dispositions prévues revêtent une importance pratique considérable. De nombreux groupes d'entreprises ont mis en place leurs structures actuelles au fil des ans en se fondant sur l'interprétation administrative et la jurisprudence existantes. Si le projet de loi venait à être adopté sur des points essentiels, un réexamen fiscal s'avérerait probablement nécessaire dans de nombreux cas.

Sont particulièrement concernés les groupes d'entreprises comptant plusieurs filiales, les structures de holding ainsi que les groupes internationaux. Mais les entreprises familiales de taille moyenne et les groupements d’entreprises communaux devraient également suivre cette évolution de près.
Le défi pratique réside notamment dans le fait que la reconnaissance fiscale d’un groupe fiscal devrait à l’avenir dépendre encore davantage des structures organisationnelles effectivement mises en place. Les rapports de contrôle formels au sens du droit des sociétés ne suffiront probablement pas à eux seuls à exclure de manière fiable les risques fiscaux.

Il en résulte différents axes d’action pour les entreprises. Les structures organisationnelles et décisionnelles existantes devraient être analysées et documentées à un stade précoce. Il est en outre recommandé de procéder à un examen des relations de prestations internes ainsi que des processus liés à la taxe sur la valeur ajoutée au sein du groupe. Les répercussions éventuelles sur la déduction de la taxe en amont, la facturation et les questions de responsabilité devraient également être prises en compte en temps utile.

Plus la structure du groupe est complexe, plus le besoin d'adaptation risque d'être important. En particulier dans le cas de structures qui se sont développées au fil du temps, il existe un risque que les relations de groupe fiscalement reconnues jusqu'à présent soient évaluées différemment à l'avenir sur le plan fiscal.

Conclusion

Le projet de loi sur la fiscalité annuelle 2026 marque une nouvelle étape importante vers une réorientation du régime fiscal des groupes de sociétés conforme au droit de l'Union européenne. Pour de nombreuses entreprises, cela impliquera non seulement une charge administrative supplémentaire en matière de contrôle, mais pourrait également nécessiter des adaptations structurelles.

Même si la procédure législative n'est pas encore achevée et que des modifications restent possibles au cours de la suite du processus, les entreprises concernées devraient d'ores et déjà dresser un état des lieux de leurs structures de groupement fiscal existantes. Une analyse fiscale précoce permet d'identifier les risques en temps utile et de mettre en œuvre les adaptations nécessaires de manière proactive.

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